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Reflexion sur la coéducation école-famille

      

Tenter de construire une forme d’épanouissement personnel en fonction des profils d’intelligence de chaque enfant, tel est l’enjeu actuel de l’Ecole. Cela passe par la promotion des compétences fondamentales qui sont toute la richesse et l’efficacité de l’école fondamentale : lire, écrire, calculer et les formations scientifique, historique et géographique doivent rester au programme sans tomber dans un nivellement par le bas. La maîtrise d’un niveau suffisant de la langue de l’enseignement s’impose en premier lieu car cet apprentissage est interdisciplinaire et conditionne tous les autres.

Ces compétences de base ne peuvent être réelles sans la maitrise de savoirs précis que ce soit dans n’importe quel domaine d’apprentissages. Des compétences sans connaissances n’ont pas de valeur. Une tête bien faite bien sûr mais qui ne signifie pas en même temps une tête vide.

Dans ce contexte, on comprend aisément qu’un savoir ne peut s’apprendre en une leçon et que c’est progressivement, par la collecte d’exemples variés que l’enfant prendra conscience de tout ce qui caractérise le savoir, d’où la nécessité de cahiers-synthèse clairs. Si l’on veut mettre en pratique un enseignement préventif des déficiences, c’est d’abord à ce niveau et plus particulièrement au cycle 5-8 ans que notre Administration générale peut vraiment aider les enseignants sur le terrain.

La maîtrise du savoir, son utilisation (ce qu’on appelle des compétences) demande du sens, du temps. Mais l’enseignant sait que la pensée de l’enfant se construit par l’action réelle sur les objets (pensons aux nombres) pour évoluer vers une pensée opérationnelle capable de se représenter les choses sans plus les voir : de devant les yeux à derrière yeux, c’est l’élaboration d’images mentales nécessaires pour progresser. Il y a donc tout un développement psychologique de la pensée de l’enfant à prendre en considération dans les apprentissages dispensés, c’est ce qui différencie un professionnel d’un profane.

Attention, le développement de la matière grise nécessite de penser, de créer non seulement en math, en français mais aussi dans les domaines manuels trop peu sollicités à l’école primaire. Le manuel n’est pas un intellectuel au rabais, que du contraire. Il vaut mieux un bon menuisier qu’un mauvais médecin.

La fonction enseignante est noble dans ses objectifs mais difficile et le grand public n’en a pas assez conscience. La classe est une dramatique complexe de par l’hétérogénéité des élèves où il faut mettre en appétit des enfants par des défis pertinents, dosés et souvent ludiques. Il faut repérer les premiers signes de décrochage, décomplexifier ou complexifier la situation en fonction des besoins de chacun. Dans le monde de l’école, pour que chaque enseignant puisse atteindre une forme d’excellence d’apprentissage à tous les élèves (expression fort utilisée aujourd’hui), il convient de prendre en compte les nouvelles données sociales que constituent les horaires parentaux astreignants, les problèmes affectifs, la carence du vocabulaire chez plusieurs enfants., et beaucoup d’autres paramètres. Nous ne sommes plus au temps de l’enseignement magistral où le maitre distribuait des contenus à un public à dénominateur commun large. Pour revenir sur le vocabulaire, de plus en plus d’enfants n’ont pas de mots « pour dire » les choses, leurs émotions. Dans notre société, la parole s’effiloche sous l’impact de l’image, des SMS et du numérique : on ne prend plus le temps de parler, dans certains milieux en tout cas. Pourtant, avoir dans son répertoire mental un capital de mots, c’est pouvoir parler juste, c’est un moyen de lien avec les siens. Grâce à leur intervenions, les adultes, parents et enseignants permettent d’ajouter précision et rigueur et ont l’occasion d’assurer le réemploi plus ou moins spontané des mots rencontrés.

Pour atteindre une qualité d’enseignement, tout jeune doit apprendre que le plaisir est la récompense de l’effort. Eduquer l’enfant à l’effort vise aussi à lui donner la force de dépasser ses envies passagères notamment à l’époque du « zapping ». Il est donc important de lui rappeler que, pour découvrir tout ce qu’une activité peut apporter, il faut aller plus loin, il faut parfois développer cette capacité à effectuer du travail moins plaisant pour atteindre l’objectif. On goûte au plaisir à force de persévérance, de durée et comme le disait le philosophe Alain, il ne faut pas donner au jeune la noix épluchée mais faire en sorte qu’il prenne de la peine pour se hausser à l’état d’adulte.

Par ailleurs, des rituels sont aussi nécessaires. Ils font partie des balises préventives. Les règles partent de régularités et sont nécessaires pour vivre en société. Les élèves sont friands du rang parfait, en file et en silence. Ce n’est pas très compliqué à mettre en place. Une fois que le rituel est acquis, tout est gagné. Pour grandir, l’enfant en a un grand besoin, la famille étant un lieu de base à cet égard.

L’école doit se méfier de s’insérer dans une logique marchande et de séduction (elle reste un service public) qui la sollicite sans arrêt : projets en série, fêtes, sorties multiples, autant d’occasions de surcharger les enseignants et les enfants.

Le temps n’est pas élastique et de ce fait, les titulaires peinent à voir leurs matières, les enfants en difficulté d’apprentissage ont notamment besoin de temps à ne pas galvauder.

L’école de la réussite implique aussi, ne l’oublions pas, le travail et donc l’exercisation de certaines notions pour en assurer une certaine maîtrise. L’entraînement et la mémorisation intelligente font partie de toute progression.

Toutefois, ces considérations ne veulent aucunement bannir les projets qui, utilisés avec pertinence et sagesse, constituent de bons moyens pour donner sens aux apprentissages et motiver les apprenants. Les écoles sont parfois trop sollicitées par diverses organisations avec tout l’aspect négatif qui s’ensuit.

La coéducation offre à l’enfant la possibilité d’être éduqué dans deux milieux différents : l’école et la famille. Ces deux espaces sont distincts et fonctionnent selon des règles qui leur sont propres. Mais ils doivent être complémentaires ou tout au moins harmonieux. Tout se passe généralement très bien entre les parents et les enseignants lorsqu’ils décident de se préoccuper tous deux du développement social de l’enfant. Certains parents sont parfois trop mobilisés par le développement de leur enfant. On parle alors d’hyper parentalité, le contraire existe aussi. Dans l’hyper parentalité, le parent soumet l’enfant, dans ses apprentissages, à une pression temporelle : l’enfant doit apprendre vite ce qui n’est pas positif pour lui.

Les relations entre l’école et la famille comprennent parfois quelques risques. Les choses se compliquent lorsque les parents s’égarent dans le co-enseignement : les parents prennent alors l’initiative d’enseigner et estiment avoir à dire à l’enseignant comment il doit faire. La classe est pourtant le domaine des enseignants et des élèves seulement. La coéducation est un partenariat mais ne doit pas conduire à brouiller les rôles de chacun. Pa ailleurs, l’école ne doit pas juger la manière dont se comportent les familles. Elle ne doit pas évaluer les pratiques familiales.

Si les parents ne doivent pas trop s’immiscer dans l’univers scolaire, ils ne doivent pas en être vraiment écartés… Attention, quand des parents se trouvent en difficulté majeure, ils se maintiennent alors en périphérie de l’école, ils en ont peur, par exemple, parce qu’ils en ont de très mauvais souvenirs. Il faudra revisiter les médias scolaires pour inciter les parents absents à avoir plus de contact avec l’école : le journal de classe, le bulletin, le devoir, la réunion de parents. A l’origine, ces médias ont été inventés pour favoriser le dialogue entre l’école et la famille. Le but du bulletin était de faire en sorte que l’enseignant et le parent s’intéressent ensemble à la progression de l’enfant. Le devoir est également un média. Il arrive que des parents sont contents lorsque les enfants n’ont pas de devoirs car ils savent que cette activité est terriblement chronophage et qu’elle va leur demander de l’énergie. Le temps des devoirs pourrait être un moment agréable durant lequel le parent s’intéresse à la production de son enfant.

Les espaces de coéducation devaient bien être des endroits dans lesquels on se rencontre et on échange et qui permettent d’avancer ensemble, c’est ce que nous souhaitons tous. C’est ce que je souhaite pour notre école !