Scy

Cet écrin de verdure, qui vit calmement à l'abri de sa barrière forestière, semble avoir été occupé au temps de la pierre taillée comme en témoignent les silex retrouvés près de l'église Saint-Martin.
Des poteries et des pièces de monnaie, provenant de tumuli découverts dans les bois communaux, constituent les traces de l'occupation romaine. Son nom viendrait du latin "vicus secaricus" et évoque un endroit où l'on sciait le bois.
Scy n'entre vraiment dans l'histoire qu'au XIle siècle, alors qu'il relève de l'autorité des comtes de Luxembourg.
En 1342, Scy qui était propriété de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, fut vendu à Marie d'Artois, comtesse de Namur.
La seigneurie, pairie du comté de Namur, dépendait de la Prévôté de Poilvache et était enclavée dans le Pays de Liège.
Elle avait haute, moyenne et basse justice, droit d'amende, de confiscation, de chasse, de pêche, droit d'établir des officiers, droit dit "giste du bois" (chaque manant paye à la Saint-Remy deux setiers d'avoine et une poule), droit de collation de la cure.
En 1421, la seigneurie de Scy devenait domaine des ducs de Bourgogne.
A la fin du XVe siècle, le fief aboutit entre les mains de l'Empereur Maximilien d'Autriche.
Ensuite, le roi d'Espagne, Philippe IV engagea la terre de Scy pour 6.100 florins afin de pouvoir financer ses guerres.
Il existait à cette époque des biens communaux comme les Comognes, le bois de la Bouchire. Les droits et devoirs des habitants étaient rédigés par le seigneur et la Cour de Justice et soumis à l'approbation des habitants. Chaque année, les manants recevaient une part de bois de chauffage et avaient la possibilité de conduire les porcs à la glandée.
En 1671, Charles Il, roi de Castille, vend la terre et la seigneurie à Godefroid Lebeau, échevin de Namur.

Scy devint ensuite la propriété des Woot de Trixhe, des de Spontin, des de Propper de Hun et des Desmanet de Virelles jusqu'à la Révolution Française.
En 1811, le comte d'Espiennes épouse mademoiselle Eulalie Desmanet de Virelles et la terre de Scy passe dans la famille d'Espiennes jusqu'au décès des comtes Camille et Ludovic en 1940.
Depuis la fin du second conflit mondial, la vocation agricole et forestière de Scy s'est considérablement amenuisée pour ne plus compter aujourd'hui que trois exploitations agricoles.
Le bâti du village a connu peu de fluctuations et a su conserver ses particularités architecturales comme le colombage.
Scy semble toujours vivre au rythme des saisons dans un environnement qui engendre la nostalgie de la "belle époque".


Patrimoine architectural
Le Chateau et le Parc
Intégré dans un magnifique parc arboré, le château de Scy remplace l'ancien château des comtes d'Espiennes détruit en 1963. Cette remarquable construction contemporaine est l'oeuvre de l'architecte Emmanuel de Callatay. Dans le parc, vous découvrirez une pyramide qui n'est autre que la crypte de la famille d'Espiennes. Une quinzaine de membres de cette famille, ainsi que les derniers comtes reposent dans cette sépulture. On trouve également, dans le parc, la source dite de l'homme de fer ainsi qu'une potale en pierre calcaire dédiée à Saint Hubert datée de 1776 et la chapelle Notre-Dame, construite dans la seconde moitié du XIXe siècle en moellons calcaires. A l'intérieur de celle-ci, sur un autel de grès, se trouve une statue en bois peint de la Vierge portant l'Enfant Jésus. De chaque côté de celle-ci, on peut lire des inscriptions en wallon.
Cette chapelle est aussi connue sous le nom de chapelle Saint-Martin

Dans le parc du château se trouve également une chapelle édifiée pendant la guerre 40-45 par les Moines de Clervaux (G.D. de Luxembourg) dont le monastère saisi par les Allemands avait été transformé en école de SS et qui avaient trouvé refuge au château de Scy.
Eglise Saint-Martin

Située sur un promontoire, l'église actuelle a été reconstruite en 1847. L'intérieur néoclassique avec ses arcades en plein cintre vous permettra de découvrir des fonts baptismaux du XVIe siècle, une niche en bois peint de 1656, une statue de Saint-Martin en bois polychrome du XVllle,
une statue de la Vierge datant du XVe siècle ainsi qu'un magnifique maître-autel en marbre de style Renaissance du XVIII.
Vous remarquerez, à l'entrée de l'église, un superbe calvaire gothique du XVe - XVIe siècle.


Le Colombage

Située rue du Tutawet, cette maison basse du XVIIIème siècle, peinte en rose, est faite de colombages et de torchis. Cette architecture de "bois et de terre" est une technique ancienne appelée le pan-de-bois. Son utilisation à Scy s'explique par le fait qu'il fallait pouvoir disposer d'un patrimoine forestier important. L'exploitation de carrières de pierres dans la région, le développement des transports vont favoriser la régression de ce type de construction, que l'on trouve surtout en Famenne.
Le Bocq

Cette rivière que l'on appelait "Pauléia" au haut Moyen Age prend sa source à Scy. Elle traverse les massifs calcaires de nos régions, ce qui explique son parcours sauvage et sinueux.

Le Bocq coule au travers de nombreux villages du Condroz dont Mohiville, Achet, Hamois, Emptinne, Natoye pour aller se jeter dans la Meuse à Yvoir.

Ses sources font l'objet d'une exploitation par la Société Intercommunale des Eaux du Condroz dont le siège est situé dans le village de Scy.
Ancien Moulin de Scy

En 1630, Conrad de Berlaymont obtint du roi d'Espagne l'autorisation de construire un moulin. Construit près du Bocq à l'écart du village, il possédait deux grosses roues en bois qui actionnaient deux meules. L'activité du moulin de Scy s'est terminée en 1898.


Patrimoine naturel

La Hetraie au lieu-dit Bouchire

Cette hêtraie constitue un habitat privilégié pour le plus grand de nos pics indigènes, le bien nommé grand pic ou pic noir (Dryocopus martius).
Le pic noir niche préférentiellement dans les hêtres âgés, bien dégagés et aux fûts élancés dégarnis de branches sur une dizaine de mètres où il creuse, avec son bec, son nid. En étant discret, vous pourrez y entendre, avec un peu de chance, son cri caractéristique et puissant "kruu-kruu-kruu" ou son tambourinage très long (2 à 3 sec.), puissant et audible à grande distance.

Les sources du Bocq

L'autre attrait de Scy consiste en ses nombreuses sources dont la principale se situe dans le bois dit de la Socke où vous trouvez de multiples suintements donnant naissance au Bocq.
N'oublions pas que Scy, par ses captations, approvisionne en eau potable une grande partie de la commune de Hamois, mais aussi une partie de la commune de Ciney.

Le Parc du "Château" de Scy

Au centre du village, le parc du château vient d'être aménagé en zone de protection pour la conservation de la faune et de la flore.
La visite du parc est possible moyennant l'autorisation de ses propriétaires, Monsieur et Madame Speeckaert-Cornet d'Elzius

Les vieux vergers

Reliquats d'un passé récent, vous trouvez quelques vieux vergers hautes-tiges, disséminés çà et là dans le village et dans la plaine environnante, pour le plus grand bonheur de certains oiseaux cavernicoles peu fréquents comme la chouette chevêche, le rouge-queue à front blanc, le pic épeiche... Scy est la section où subsistent le plus grand nombre de vergers.

Le Marais de "Veneux"

Scy possède aussi quelques étangs à vocation piscicole et un marais près de la captation où vous pourrez observer quelques hérons cendrés à l'affût d'une proie.
Dans ce marais, vous pourrez admirer une strate arborescente composée d'aulnes et de saules, une strate herbacée composée de laîche des marais avec, disséminées dans ces groupements, de hautes herbes hygrophiles telles que l'épilobe hérissé, la patience des eaux et le cirse maraîcher.
Comme toujours dans ce genre de milieu, c'est l'avifaune qui constitue l'intérêt principal. Y nichent le loriot, les pics vert et épeiche, le bruant des roseaux et le martin-pêcheur
Circuit de promenade

Créé à l'initiative de la CCAT, le circuit de promenade pédestre intitulé "le berceau du Bocq" sillonne les bois et versants de la vallée du Bocq sur environ 8 km. Il démarre au panneau installé rue de la Vallée du Bocq à Scy (parking aisé). Une brochure commentant ce circuit est disponible auprès de l'administration communale et à l'office communal du Tourisme et de la Culture, rue d'Hubinne à Hamois.

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